Culture | 26 mai 2021
2021-5-26

Fermeture de l'Institut Français de Valencia : « J'accuse »

De Fild Fildmedia
3 min

En janvier 2012, Paco Álvarez (1) avait publié un texte pour dénoncer les injustices sociales générées par la crise économique. Aujourd’hui, il ressent les mêmes sentiments d'injustice et de colère par rapport à la décision du gouvernement français de fermer l’Institut Français de Valencia. C’est pourquoi il reprend ses propos d’alors en les appliquant à cette « décision erronée ».

Tribune.

« Oui, j’accuse, en prenant comme exemple le titre de la lettre qu'Emile Zola adressait à Félix Faure, alors Président de la République, qui fut publiée par le journal l’Aurore le 13 Janvier 1898. La lettre d’Émile Zola, qui avait pour titre « J’accuse » avait pour but de dénoncer l’injustice que le gouvernement français avait commise concernant le capitaine Dreyfus, juif accusé de haute trahison. Plus tard, il fut démontré qu’il était innocent. Plusieurs années après, Pablo Neruda, en tant que Sénateur, utilisa ce même titre au Congrès National du Chili après l’adoption de la loi qui fut nommée « Loi maudite ».

Ceux qui me connaissent savent que je suis loin de me comparer à Zola ou Neruda, mais je crois que la situation que nous vivons justifie amplement, au moins pour moi, de considérer absolument nécessaire de dénoncer l’injustice que représente la fermeture de l’Institut français de Valencia ; c’est pourquoi je me permets d’affirmer : J’ACCUSE.

Oui, j’accuse le gouvernement français, et ses représentants en Espagne, d’avoir pris une décision sans avoir la moindre idée de ce que représente une institution centenaire au sein de la Communauté de Valencia, troisième région autonome espagnole en termes économiques.

Oui, j’accuse Monsieur Jean-Michel Casa, ambassadeur de la France en Espagne, Madame Anne Louyot, directrice général des instituts français d’Espagne, Madame Marie-Cécile Le Louec, directrice de l’Institut français de Valencia, Madame Samantha Cazebonne, députée qui représente les français résidant en Espagne, et Monsieur Stéphane Vojetta, suppléant de ladite députée et candidat aux élections des conseillers consulaires, d’avoir pratiqué « la politique de l’autruche » avec leur silence, méprisant toutes celles et ceux qui se sont adressés à eux pour solliciter des explications, en sachant qu’elles et eux font partie des médias, des autorités publiques, universitaires, sociales et intellectuelles qui ne comprennent pas les raisons de la fermeture de l’Institut français de Valencia, je répète, institution centenaire qui a été et est le porte-drapeau de la culture française.

Oui, j’accuse celles et ceux mentionnés auparavant d’avoir accepté, et défendu, que la fermeture de l’Institut français de Valencia est justifiée pour des raisons économiques, c’est-à-dire rentabilité financière. Ceux qui défendent que la culture française doit être rentable, financièrement parlant, ne sont pas les dignes représentants des valeurs essentielles portées par la France et la culture française.

Oui, j’accuse celles et ceux mentionnés auparavant car ils n’ont pas pris en compte que leur décision en ces temps de pandémie est simplement inhumaine. Mettre à la porte 25 personnes, 25 familles, dans ces moments de difficultés économiques et sociales, est très loin des valeurs que la république française représente.

Oui, j’accuse celles et ceux mentionnés auparavant de préserver uniquement les intérêts « de leurs estomac », en obéissant aux ordres de leurs supérieurs pour ne pas perdre leurs privilèges, leurs magnifiques salaires, sans analyser les conséquences humaines et sociales de leur attitude, ni les impacts négatifs (culturels, sociaux et économiques) que leur décision va avoir au sein de la Communauté de Valencia, mais aussi en Espagne.

Oui, j’accuse celles et ceux mentionnés auparavant d’être les responsables, avec cette décision, qu’une grande partie de la société de Valencia et de la société espagnole puissent penser que « Liberté, Égalité, Fraternité » ne représentent pas en réalité les valeurs essentielles de la République Française ».

(1) Francisco Alvarez Molina est connu en Espagne comme Paco Alvarez. Il est de nationalité française et espagnole. Ex directeur de la Bourse de Paris. Ex-membre du Conseil d’Administration et DG de la Bourse de Valencia. Ex-DG d'Économie du gouvernement régional de Valencia. Collaborateur bénévole de l’Institut Français de Valencia depuis 20 ans.

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26/05/2021


Paco Álvarez
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