Analyses | 21 mai 2019

Europe : un désamour inquiétant

De Louis de Broissia
2 min

Louis de Broissia, Membre Honoraire du Parlement et ancien Ambassadeur,  nous livre son analyse sur le fort taux d'abstention prédit lors des prochaines élections Européennes.  

Une seule certitude pour le dimanche 26 mai : personne ne se bousculera pour voter pour ou contre de futurs députés européens. Une seule inquiétude : où nous mènera le désamour des peuples d’une Europe à 27 ou à 28, que nous plébiscitons tous au fond de nos cœurs ? Et comment se relever ?

D’abord en avouant, de la bouche de nos dirigeants qu’ils ont laissé une armée de fonctionnaires (talentueux souvent) et de lobbyistes (efficaces) imposer leurs lois aux élus, trop absents et davantage tournés vers leur nation d’origine.

Ensuite en mettant en avant – le Parlement européen vient de prouver sa capacité à réagir, avec la loi sur les droits d’auteur et la lutte contre le pillage numérique et culturel – notre identité, qui est celle d’un vieux continent, pétri d’histoires contrastées, de passions qui soulèvent le monde, de chercheurs.

Du premier continent du monde par sa puissance économique, et dont la diplomatie doit s’affirmer dans ces nations émergentes en Asie du Sud-Est, en Amérique Latine, en Afrique, en Australie. Le match de catch entre Xi Jinping et Trump doit devenir un round à trois. L’attitude de la Commission Européenne sur la fusion entre Siemens et Alsthom fut une aberration.

L’Europe des peuples n’est pas opposable à celle des nations, elles sont complémentaires. Où est passé la méthode des pères fondateurs (charbon et acier, énergie, transports aériens) qui s’appuya sur des sujets concrets, et pas seulement sur les droits de l’homme et sur un élargissement qui s’approche de l’éclatement ?

La sortie de la Grande Bretagne est une occasion, bien saisie et par la Commission et par le remarqué Michel Barnier. L’esprit du programme Erasmus est un des piliers de la reconstruction mentale d’une Europe renouvelée, celle des trois « P » : proche, protectrice et prometteuse d’avenir.

Puisse le Parlement Européen, le mal élu, le mal aimé, ne pas s’épuiser dans des luttes politiciennes stériles et  prendre toute la dimension de sa charge historique.

 

22/05/2019 - Toute reproduction interdite

 

 


Les gens assistent à la manifestation pro-européenne "Non à la haine, oui au changement" avant les élections européennes à Francfort, Allemagne, le 19 mai 2019.
Kai Pfaffenbach/Reuters
De Louis de Broissia

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