Depuis quelques jours, Éric Zemmour donne le ton d’une campagne présidentielle qui a déjà commencé entre primaires écologistes, primaires - ou pas - chez LR, et les milliards distribués par le Président de la République à Marseille et ailleurs.

La chronique politique de Philippe David

Éric Zemmour n’est même pas candidat, mais il a dû se retirer de la grille des programmes de Cnews après le coup de semonce à son encontre prononcé par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel.

Éric Zemmour n’est pas candidat, mais c’est tout comme, puisque tout le monde se situe par rapport à lui, et que ses propos finissent quasi systématiquement en « top tweet » dans la francophonie. En d'autres termes : il fait le buzz systématiquement ! On ne le quitte plus depuis une semaine à travers ses hashtags : #Zemmour, #Ruquier, #OEED et #peinedemort depuis hier, après ses propos à ce sujet sur une chaîne de radio.

Éric Zemmour n’est pas candidat, mais certains le voient déjà au deuxième tour ; comme Éric Ciotti, candidat à la primaire LR, qui a affirmé dimanche 5 septembre qu’en cas de second tour Macron-Zemmour, « il voterait Zemmour très clairement ». Une déclaration qui a fait pousser des cris d’orfraie chez les plus centristes des Républicains, mais qui a obtenu un clair soutien de nombre d’électeurs LR sur les réseaux sociaux.

Éric Zemmour n’est pas candidat, mais il est sondé. Il a commencé à 5% puis, selon les instituts de sondages, est passé à 8%, pour atteindre maintenant un score à deux chiffres : 10% selon le dernier sondage Harris Interactive. Il se situe désormais en 5ème position, un point derrière Mélenchon, et derrière Bertrand (14%), Marine Le Pen (19%) et Macron (23%). Mais devant Hidalgo et Jadot (à 7%), alors qu’il est un homme seul, sans parti et, répétons-le, toujours pas candidat. Dans ce sondage, Marine Le Pen perd trois points et Xavier Bertrand deux. Une tendance qui, si elle se confirmait, pourrait faire d’Éric Zemmour l’homme de « l'union des droites », fameuse arlésienne de la politique française depuis des lustres.

Une « union des droites » qu’il pourrait incarner si les Républicains se choisissaient un candidat trop centriste et mondialiste, ce qui jetterait la frange la plus conservatrice et rétive à la mondialisation dans les bras d’Éric Zemmour.

Pour siphonner l’électorat de Marine Le Pen, il s’en charge, en répétant à l’envi qu’elle est encore et toujours condamnée à perdre. Message subliminal aux électeurs du RN : voter Le Pen, ça défoule, mais ça consiste à voter Macron en lui assurant sa réélection. Vous n’êtes pas convaincus ? Regardez les résultats des dernières régionales.

Bref, Éric Zemmour rêve d’incarner le vote utile à droite et, comme Macron il y a cinq ans, il pourrait acter l’implosion du RN et de ce qui reste des Républicains, déjà affaiblis par la division entre ceux qui ont rejoint LREM et ceux qui sont restés.

Un cas de figure qui rebattrait les cartes politiques à la puissance dix de ce qui s’est passé il y a cinq ans.

Mesdames et Messieurs, faites vos jeux !

16/09/2021 - Toute reproduction interdite


Éric Zemmour répond aux journalistes après avoir prononcé un discours lors d'une conférence de l'UMP à l'Assemblée nationale, le 2 mars 2011.
Charles Platiau/Reuters
De Philippe David