Ce qui se passe en Syrie nous concerne directement. Pour une raison : Erdogan est l’un des principaux soutiens de l’organisation des Frères Musulmans, matrice du terrorisme islamiste contemporain qui frappe au cœur de nos démocraties. Nous avons donc intérêt à soutenir les Kurdes, car nous luttons contre le même ennemi. Par  Emmanuel Razavi.

Le journal islamo-nationaliste turc, Yeni Safak, a salué l’exécution, le 12 octobre, de la femme politique kurde Hevrin Khalaf, perpétrée dans le nord de la Syrie. « La secrétaire générale du Parti du Futur de la Syrie, liée au parti politique terroriste PYD, a été mise hors d’état de nuire » indique-t-il dans ses colonnes. Disons-le tout net. Cet article, indigne, est une honte, une horreur absolue. Dans le même temps, depuis le 9 octobre, l’armée turque et ses miliciens ‘supplétifs’ affrontent les forces kurdes du nord-est de la Syrie, qualifiées de « terroristes » alors qu’elles ont combattu Daesh aux côtés des Occidentaux. Dans ce contexte de fureur et de sang, près de 800 proches de djihadistes se sont évadés suite à des bombardements turcs, tandis que les « miliciens » arabes d’Ankara auraient massacrés des civils.Ce qui se passe là-bas est dramatique. Car les Kurdes luttent contre le même ennemi que l’Occident : l’islamisme.

Arrêtons d’être lâches

Rappelons que la Turquie a été le point de passage de la plupart des éléments de Daesh et Al Qaïda depuis le début de la guerre civile en Syrie. Rappelons que Erdogan est l’un des soutiens principaux de l’organisation islamiste des Frères Musulmans, matrice idéologique de mouvements terroristes tels Al Qaïda et Daesh. Que le même Erdogan, admirateur du régime nazi, parle de rétablir un califat en 2024 !

Va-t-on continuer à le laisser faire ?

Va-t-on continuer à être lâche ?

Qu’il s’agisse du Président Turc, ou des terroristes qui tuent chez nous au nom de l’islamisme, il est bien temps de stopper « l’hydre islamiste » (dixit le président Macron), qui n’a rien à envier à celui que déployèrent les nazis en leur temps. Si nous n’agissons pas vite, nous entrerons alors dans une ère de ténèbres. Encore une fois : ce qui se passe là-bas a des conséquences directes ici.

« Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre » aurait dit Churchill à Neville Chamberlain après la conférence de Munich, en 1938.

Si l’on ne stoppe pas Erdogan, c’est précisément ce qui nous attend : la honte, et le déshonneur.

14/10/2019 - Toute reproduction interdite


Des combattants kurdes des unités de protection du peuple (YPG) courent de l'autre côté d'une rue à Raqqa, en Syrie 3 juillet 2017
Goran Tomasevic / Reuters
De Emmanuel Razavi