Le Président a rompu avec la neutralité d’une République qui considérait jusqu’ici la laïcité comme un simple cadre.  

Pour en finir avec l’islamisme, Il faut cependant qu’il ose aller plus loin.

                                                                              La chronique de Guillaume Bigot

Le projet présidentiel repose sur un diagnostic effarant mais lucide !

Dans la France de 2020, les islamistes sont en passe de transformer leur petit business fanatique en vaste entreprise de lavage de cerveaux.

Dans nos banlieues, des imams envoyés par l’Algérie ou le Maroc, parlent souvent mal français et connaissent mal notre société. Des salafistes trentenaires, nés ici, les remplacent donc facilement à la tête des mosquées. Les islamistes utilisent aussi des associations humanitaires, sportives ou culturelles pour diffuser leur idéologie. Frères musulmans ou salafistes pénètrent également les syndicats, surtout dans les services publics. Les fous de dieu ouvrent des écoles ou éduquent leurs enfants à domicile dans le mépris du mécréant. Les islamo-fascistes proposent aux élus locaux de faire la police dans les cités. Les mêmes offrent aux maires des votes en échange de subventions.

Pour riposter, Emmanuel Macron propose une loi permettant de dissoudre les associations, de surveiller leur financement et de contrôler leur gouvernance. Le Président veut aussi rendre l’inscription à la maternelle obligatoire et donner aux préfets la possibilité d’exercer une quasi-tutelle sur certains maires. Le Chef de l’État souhaite doter la République de nouveaux moyens de répression mais aussi inciter les mosquées à opter pour le statut d’association cultuelle défiscalisée et labelliser la formation des imams. Contre le séparatisme du quotidien, les mesures préconisées par Emmanuel Macron sont bienvenues.

Mais les fléaux contre lesquels entend lutter le Président découlent de la faiblesse de la République. Conditionner le versement de subventions au respect d’une convention, c’est reconnaître implicitement que l’État a jusqu’ici subventionné des barbus ! La République va donc se doter d’une nouvelle arme juridique pour terrasser la tumeur islamiste. Parfait. Mais il faudra aussi et surtout qu’elle ait la volonté de s’en servir !

Si l’État n’a pas toujours l’énergie pour radier ses fonctionnaires, une loi resserrant le contrôle des délégations de service public va-t-elle vraiment changer la donne ?

Si l’État le voulait, il changerait déjà de délégataire, il empêcherait les prières de rue, il ferait fermer les mosquées salafistes sous divers prétextes, il refuserait l’asile aux barbus …

On n’a jamais vaincu une idéologie par une loi. On peut douter qu’un simple texte puisse modifier un état d’esprit qui respecte certes la lettre des lois mais n’adhère plus à leur philosophie. En attaquant l’islamisme, le Président commence à rompre avec cette neutralité mais doit encore faire un effort.

Encore un effort pour dénoncer les liquidateurs de la République.

Monsieur le Président, les commentateurs se sont félicités de votre clarté s’agissant de dénoncer les effets délétères de l’islamisme sur le « vivre ensemble ». Mais en reconnaissant que l’islamisme ne voulait pas du bien à la République, vous n’avez fait que défoncer une porte ouverte.

Non seulement ce n’était pas vraiment un scoop, mais le véritable courage politique aurait consisté à nommer un autre ennemi, bien plus sournois et bien plus dangereux celui-là. Cet ennemi, c’est l’esprit de collaboration qui imprègne une partie de nos élites. Celui des élus qui se couchent pour acheter la paix civile au prix du déshonneur et qui sèment les germes de la guerre civile. L’esprit de collaboration qui trouve des excuses à cette haine de la France, des juifs, de l’Occident et des mécréants. Celui de l’islamo-gauchisme de la France Insoumise, des Indigènes de la République, des décoloniaux, de leurs soutiens universitaires et d’une partie d’EELV qui ose encore se prétendre de gauche.

Encore un effort, donc, pour dénoncer le communautarisme qui alimente le séparatisme.

Ce qui fonde notre identité, ce n’est pas seulement une forme institutionnelle froide, c’est une identité affective

Encore un effort pour préférer l’assimilation à l’intégration. L’enseignement de l’arabe, par exemple, n’est pas une mauvaise idée en soi s’il s’adresse à des élèves qui veulent choisir une LV2 exigeante. Mais si l’arabe est appris -et cela est parfaitement légitime- dans une perspective religieuse (il serait alors l’équivalent des cours d’hébreux qui permettent aux jeunes juifs de savoir lire les écritures), ce n’est pas à l’État d’en assumer le coût. Vous voulez que la jeunesse d’origine immigrée soit riche d’une culture plurielle alors qu’elle a d’abord besoin de s’approprier une culture et une histoire qui sont désormais les siennes. Les ancêtres symboliques des enfants de l’immigration s’appellent Lyautey et Hugo.

Encore un effort donc pour dénoncer l’autodénigrement.

Laisser entendre que la République est rejetée dans certains territoires car elle s’en est retirée, c’est nier que les pompiers s’y font parfois caillasser.

C’est aussi considérer comme négligeables les 100 milliards injectés par les contribuables dans la politique de la ville au cours des dernières décennies.

Encore un effort pour reconnaître que l’immigration encourage le séparatisme. Vous admettez que l’islamisme flambe dans les pays musulmans mais vous semblez ignorer que beaucoup de migrants importent l’islamisme à la semelle de leurs souliers. Nos compatriotes musulmans sont nombreux à s’assimiler mais dès qu’ils quittent leurs cités, ils sont remplacés par des centaines de milliers de nouveaux venus. Vous rappelez que l’école doit être un creuset républicain mais à qui voulez-vous que les jeunes d’origine étrangère s’assimilent si vous ne renoncez pas au regroupement familial et que vous ne mettez pas un terme au détournement du droit d’asile ?

Encore un effort pour oser avouer aux enfants de l’immigration que la France est une chance pour eux. Encore un effort pour tirer des conséquences de vos propres termes : l’amour ne se décrète pas. Il requiert des efforts réciproques mais ne doit pas être une prison. Si certains détestent la France, qu’ils en partent ! Encore un effort pour rompre avec une vision dégenrée de la République. La République n’est que la forme juridique de la France. Mais je vous assure, Monsieur le Président, personne n’est encore jamais tombé amoureux d’une personne morale.

Vous avez fort justement affirmé que la République ne demandait à aucun de ses citoyens de croire ou de ne pas croire au ciel, mais uniquement de respecter les lois.

Un président devrait aussi exhorter ses citoyens ici-bas à aimer leur patrie.

Guillaume Bigot est essayiste et chroniqueur sur C-News . Il dirige une grande école. Son prochain ouvrage sort le 22 octobre, aux éditions Plon, La Populophobie, pourquoi il faut changer les classes dirigeantes françaises ?

06/10/2020 - Toute reproduction interdite


Le président Emmanuel Macron arrive pour une réunion à Mulhouse le 18 février 2020
Jean-Francois Badias/Pool via Reuters
De GlobalGeoNews GGN