Le sénateur Jean-Yves Leconte nous a demandé de publier son droit de réponse suite à l’article publié vendredi 1er mai 2020 sur notre site intitulé : « Lycées français de l'étranger :  L’AEFE accusée de «gestion opaque» et de «concussion». Respectueux d’une parole équilibrée et du droit de réponse, nous reproduisons ci-dessous celui-ci, tel qu’il l’a lui-même publié sur son blog http://www.jyleconte.fr/

Nous rappelons au sénateur Leconte qu’à aucun moment notre rédaction n’a formulé la moindre accusation contre l’AEFE, mais qu’elle a informé ses lecteurs d’une plainte déposée contre celle-ci. Notre journaliste Francis Matéo a également fait mention d’un courrier du 2 mai 2018 émanant du vice-procureur du pôle financier du parquet de Paris, adressé à Monsieur Pierre Ciric, qui stipule des « faits dénoncés, pour les considérer existants et avérés » malgré la prescription, suite à une précédente plainte déposée le 8 février 2018 pour « concussion » et « usage de faux en écriture publique ».

D’où notre étonnement quant à sa réaction.

Il nous paraît donc utile de lui rappeler que :

- Une autre plainte est actuellement instruite par le parquet concernant le lycée français de Caracas (Vénézuela) pour des faits qui posent également question.

- L’AEFE n’a pas donné suite à nos questions, alors qu’elle aurait pu apporter un éclairage utile sur cette affaire.

Le sénateur Jean-Yves Leconte conviendra, nous l’espérons, qu’il est important que la presse continue de faire son travail en toute indépendance. Qu’il soit assuré que les colonnes de GlobalGeoNews, site d’informations indépendant qui réunit des reporters, des Grands reporters et des analystes reconnus pour leur travail d’investigation, lui restent ouvertes si toutefois il avait de plus amples précisions à apporter.

Cordialement,

La rédaction


Droit de réponse du sénateur Jean-Yves Leconte représentant les Français établis hors de France :

« Il est regrettable que cet article présente l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) comme un organisme malhonnête et peu transparent. L’AEFE est depuis 2007 victime d’un affrontement politique entre, d’une part, ceux qui veulent privatiser l’ensemble de l’enseignement français et qui veulent voir l’AEFE évoluer vers un rôle exclusif de régulateur et, d’autre part, ceux qui tiennent à la voir conserver le rôle d’un opérateur public constituant la colonne vertébrale de notre réseau d’enseignement français à l’étranger. Certains veulent utiliser les difficultés de la période actuelle pour faire basculer l’AEFE vers ce rôle exclusif de régulateur.

L’AEFE essaie de faire au mieux dans le cadre de cet affrontement avec des tutelles politiques qui n’assument pas de vouloir cette privatisation ou n’assument pas les conséquences de la sous-dotation budgétaire notoire de l’AEFE.

Lorsque l’avocat Pierre Ciric souligne un certain nombre de failles, il se place sur le terrain du droit. Les démarches qu’il engage sont utiles et soulignent les incohérences des politiques menées. Mais les thèmes qu’il évoque et les manques de transparence qu’il souligne ne sont pas dus intrinsèquement à l’AEFE, mais bien à sa tutelle politique.

La tonalité de votre article laisse entendre que les parents d’élèves financeraient le budget de l’Etat par leurs frais de scolarité. Or, il mérite d’être rappelé que :

1. Le coût de l’enseignement français à l’étranger est en moyenne par élève plus de 1500 euros moins élevé que dans l’Education nationale. Ce qui conduit à évacuer toute accusation de gabegie émise par certains parlementaires qui souhaitent que l’AEFE perde progressivement son rôle d’opérateur ;

2. Les documents budgétaires disponibles publiquement et facilement accessibles en ligne témoignent que les dépenses prévisionnelles de l’AEFE en 2019 étaient de 1 044 millions d’euros, dont 75% pour la rémunération de ses 10 776 agents. Ses recettes prévisionnelles pour 2019 étaient principalement des subventions publiques (493 millions d’euros) et des ressources propres (les « remontées » évoquées dans votre article) pour 554 millions d’euros

En conséquence, si on peut déplorer la faiblesse de la subvention publique et l’évolution des recettes en provenance des frais de scolarité -et donc des familles-, il ne peut donc pas être suggéré que les frais de scolarité financent le budget de l’Etat. L’exigence de plus de transparence est légitime, et je la partage comme en témoigne plusieurs de mes questions au gouvernement. Mais cette exigence perd en efficacité, si ceux qui demandent cette transparence, plutôt que de s’appuyer sur ce qui est publié pour en demander plus, l’ignorent et formulent des accusations totalement décalées par rapport à la réalité des chiffres. »

13/05/2020



De GlobalGeoNews GGN