Près de 300 réfugiés ukrainiens ont été accueillis à Dijon, en Bourgogne. Grâce à l’association Aidons L’Ukraine Dijon et ses bénévoles, la solidarité s’organise pour trouver des logements, faciliter les demandes administratives et apporter l’aide nécessaire.

Par Marie Corcelle

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À 4h20 du matin, le 24 février, à Kiev, la famille de Veronika Kovryha, 13 ans, entend l’écho de bombardements au loin. La capitale ukrainienne est pourtant bien éloignée de la frontière, où les premiers combats font rage. Vêtue d’un jean large, d’une veste de sport à l’américaine verte et blanche, les cheveux longs et le teint clair, Veronika raconte son périple depuis son pays en guerre, en compagnie de ses parents. Un voyage qui aura duré six jours pour cette famille. Une longueur causée par les nombreux checkpoints qu’ils ont dû traverser en Ukraine. « Les militaires voulaient savoir qui se déplaçait, et pourquoi », raconte la mère de la jeune fille, qui explique qu’il fallait « changer d’itinéraire à de nombreuses reprises à cause des bombardements ». Au bout de trois jours, la frontière slovaque est atteinte, où la famille recevra à l’aide de bénévoles des provisions et tout le nécessaire. « 245 voitures se trouvaient dans la file devant nous pour traverser » : ils attendront leur tour pendant 17 heures.

Cap sur la Bourgogne

Dorénavant, c’est en France, et plus particulièrement à Dijon qu’ils se trouvent, accueillis par une famille de particuliers. Au sein de la capitale bourguignonne, l’association Aidons L’Ukraine Dijon met tout en œuvre pour apporter aide et soutien aux réfugiés ukrainiens. Sa présidente, Anastasia Ganziuk explique son fonctionnement : « Nous faisons une collecte d’aide humanitaire et travaillons avec différentes ONG comme ACTED et Koalia, notamment pour accompagner au mieux les Ukrainiens en matière de demandes administratives, de scolarité et de logement… ». Mais si les bénévoles travaillent au niveau local, une partie de l’aide récoltée est envoyée en direction de l’Ukraine et d’autres pays frontaliers qui accueillent les réfugiés, comme la Moldavie. « Les structures ne sont pas les mêmes, et ce petit État ne fait pas partie de l’Union européenne ; il dispose donc de beaucoup moins de ressources », poursuit-elle. Si le département de la Côte-d’Or a mis à disposition des logements sociaux, la préfecture est en train de récolter les adresses de particuliers prêts à accueillir des réfugiés. Une décision salutaire alors que le nombre d’Ukrainiens fuyant leur pays ne cesse de croître.

« Nous ne nous attendions pas à une telle solidarité »

En Côte d’Or, ils étaient environ 540 au premier avril. Mais si certains ont trouvé refuge dans la ville des Ducs de Bourgogne, d’autres n’y font qu’une halte : « Il y a des bus qui s’arrêtent, mais qui continuent leur route jusqu’en Espagne. Nous réalisons des partenariats avec d’autres villages qui peuvent nous aider à héberger ces réfugiés qui transitent temporairement, comme l’a fait Brazey-en-Plaine », explique Anastasia Ganziuk. Ses habitants en ont hébergé une trentaine l’espace d’une nuit. Un accueil français qui surprend : « Nous sommes vraiment étonnés. Tout le monde est prêt à aider, nous ne nous attendions pas à une telle solidarité, à ce que les gens se sentent si concernés », raconte la mère de la jeune Veronika. La famille s’empresse de remercier l’association dijonnaise qui les accompagne depuis leur arrivée. L’enfant raconte qu’à ses débuts sur le sol français, elle était effrayée d’entendre des avions voler, et que les premières nuits furent courtes, gardant en mémoire le récent souvenir des bombardements. Si aujourd’hui elle affirme se sentir mieux, elle n’oublie pas le reste de ses proches qui sont restés en Ukraine. Sa famille n’a qu’un souhait, que la guerre se termine au plus vite pour les retrouver, et rentrer chez eux. En attendant, Veronika a trouvé une école, et s’entend à merveille avec la fille de sa famille d’accueil. Si aucune ne parle la langue de l’autre, les logiciels de traduction résolvent le problème ! La jeune fille n’a pas froid aux yeux, et demande à prendre une photo devant le drapeau de son pays, aux couleurs bleues et jaunes.

05/04/2022 - Toute reporduction interdite


Des personnes s'abritent dans une station de métro, après que le président russe Vladimir Poutine a autorisé une opération militaire dans l'est de l'Ukraine, à Kiev, le 24 février 2022.
© Viacheslav Ratynskyi/Reuters
De Fild Fildmedia