Analyses | 17 mai 2021
2021-5-17

Des régionales « covidées » de leur substance

De Guillaume Bigot
3 min

Alors que tous les politiques, ministres en tête, n’ont que les mots « terrain » et « territoires » à la bouche, on a peine à croire que nous sommes à moins de 5 semaines des élections régionales.

La chronique de Guillaume Bigot

Il est vrai que le pouvoir n’a aucun intérêt à parler des élections. Le jeune parti présidentiel n’existait pas en 2015 et est peu implanté. Il risque aussi de payer sa duplicité ou sa légèreté, c’est selon. En effet, alors que le gouvernement légifère contre le séparatisme, LREM tente de faire élire une sympathisante des Frères musulmans.

De mauvais esprits remarqueraient sans doute que certains médias participent au confinement de la campagne et que leur silence n’est peut-être pas sans lien avec les subventions publiques qui leur permettent de survivre.

Il est vrai qu’en plus de nuire à la participation, la Covid a joué le rôle d’un trou noir. Depuis un an, tous les enjeux politiques, économiques ou sociaux semblent tombés dans l’abysse du tout sanitaire.

Les enjeux politiques des prochaines régionales sont loin d’être négligeables pour la vitalité de notre démocratie.

D’abord, les partis dits du monde ancien vont y jouer leur survie. Le PS était déjà tombé lors des dernières présidentielles. Une « prime au sortant » suffira-t-elle au PS pour conserver la Bourgogne, la Bretagne, la Nouvelle Aquitaine et l’Occitanie ?

Les mêmes questions se posent pour LR dans les régions qu’ils dominaient jusqu’ici.

Les palidonies de Renaud Muselier n’aident pas cette formation.

Le président sortant de la région PACA voulait s’allier à LREM mais ne le veut plus. Finalement, sa liste ne comptera pas d’élus LREM mais ne comptera pas non plus d’élus nationaux LR. Muselier a reçu le soutien de LR et a aussi obtenu de LREM qu’elle retire sa liste. LR risque d’y perdre ses électeurs.

Un autre enjeu essentiel pour le centre droit sera de qualifier son prochain candidat à la présidentielle.

Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand joueront plus que leur réélection en juin prochain.

Que l’un d’eux ne soit pas réélu et leur ambition pour 2022 sera fauchée net.

L’essentiel de la vie démocratique en France est par ailleurs aimanté par une élection présidentielle dont l’échéance approche à grand pas.

Le résultat des régionales ne permettra pas de prévoir l’issue de la présidentielle mais dessinera des tendances.

À cet égard, tous les regards se porteront sur les Hauts de France ou le gouvernement a dépêché plusieurs ministres* et sur la région PACA où le RN pourrait crever son plafond de verre avec l’élection de Thierry Mariani que certains sondages donnent en tête. En Bourgogne et dans les Hauts de France, d’autres coups de tonnerre pourraient retentir.

En plus de l’étiage de LREM et du RN, les résultats de LFI et d’EELV constituent d’autres inconnues.

Depuis son virage islamo-gauchiste, LFI va-t-elle dévisser ou finir par capter l’électorat communautaire après lequel elle court ?

EELV va-t-il confirmer sa percée des municipales ou les écologistes vont-ils payer le concours Lépine de la sottise dans lequel s’étaient lancés leurs élus municipaux ?

Réponses les 20 et 27 juin prochains.

*Laurent Pietraszewsk

Éric Dupond-Moretti

Alain Griset

Agnès Pannier-Runacher

Gérald Darmanin

17/05/2021 - Toute reproduction interdite


Renaud Muselier s'entretient avec des journalistes lors d'une visite à Nice, le 3 mai 2021.
Eric Gaillard/Reuters
De Guillaume Bigot