Société | 17 octobre 2020

Décapitation de Samuel Paty : le silence ne passera plus

De Guillaume Bigot
4 min

                                                     La chronique de Guillaume Bigot.

"Ils ne passeront pas !" a dit le chef de l'État.

Pourtant, à la rentrée des vacances, plus rien ne sera comme avant dans les salles de classe. 

Chaque professeur saura qu'il risque sa peau pour transmettre ce que nous avons de plus précieux : la liberté. 

La liberté a un prix. Notre génération est testée, comme toutes auparavant.

Michel Houellebecq est un grand écrivain mais il se trompe en imaginant que la France pourrait un jour se soumettre.

Ceux qui pensent que nous pourrions capituler font fausse route. Surtout, ils jettent des bûches dans le brasier du séparatisme.

Ceux qui disent que les musulmans sont irrécupérables, que ce sont tous les mêmes, que la quantité, c'est la qualité (...) servent la propagande islamiste dans les banlieues.

Celles et ceux qui répètent aux jeunes ; "Lorsque les mécréants prétendent qu'ils sont vos compatriotes n'en croyez pas un mot car, au fond, ils  vous méprisent."

Tout aussi dangereux sont ceux qui espèrent qu'en étant gentils, accommodants, en leur passant tout  - horaires de piscine,  menu halal à la cantine, prise en compte de leur "sensibilité" dans les cours -, on en finira avec la violence islamiste, se trompent aussi lourdement.

Leurs bonnes intentions transpirent la peur.

La peur n'a jamais évité le danger. 

L'histoire nous a appris qu'il ne sert à rien de discuter avec des fanatiques. Ce n'est pas la tolérance qui nous a débarrassé des nazis, ce sont les bombes incendiaires sur l'Allemagne.

Bien sûr, dans leur grande majorité, les Français de confession musulmane ne sont ni djihadistes, ni islamistes.

La plupart ne se revendiquent même pas musulmans.

Mais tous sont gênés par cette volonté d'apaisement.

Cette volonté apparente de les respecter n'exprime pas du respect sincère mais de lâcheté.

La plupart des musulmans en France n'aspirent pas à être respectés en tant que musulmans mais en tant que Français à part entière. 

Ils veulent l'indifférenciation. 

Les non musulmans devraient donc ne surtout pas tomber dans cet odieux chantage à l'islamophobie qui s'est révélé complice de l'exécution de Samuel Patty. 

Aucune mosquée n'a brûlé dans notre pays. Aucun musulman n'y est empêché d'exercer son culte.

Le CCIF - comité contre l'Islamophobie - devrait être immédiatement dissout.

Le mantra du « pas d'amalgame » est tout aussi inaudible et inacceptable. « Pas d'amalgame » est le cri du cœur d'innombrables non musulmans qui se précipitent pour disculper une pratique paisible de l'Islam que personne n'inquiète.

Il y a ainsi deux peurs parallèles.

La peur de ceux qui détestent l'Islam et prophétisent notre capitulation face à son expansion.

Et il y aussi la peur de ceux qui feignent d'aimer cette religion car ils la redoutent.

Ces deux peurs sont les meilleurs alliés de nos ennemis.

Samuel Paty, le mort de trop

L'objectif stratégique et le véritable but des islamistes comme des djihadistes, c'est de faire basculer les musulmans modérés de leur côté.

Et leur seule chance d'y arriver, c'est de propager ces peurs jumelles et de les faire converger. 

On sent déjà poindre cette convergence dans l'utilisation du terme islamophobie qui sert à désigner ceux qui n'aiment pas l'islam alors qu'il vient du grec phobie qui désigne la peur. 

Le véritable danger, c'est que cette convergence des peurs se répande et se transforme en haine. 

Les musulmans représentant moins de 10 % de la population française, le véritable danger n'est pas qu'une minorité agissante au sein de cette minorité subvertisse la majorité. 

Ce n'est jamais la petite bête qui mange la grosse.

En revanche, la frousse de la grosse pourrait finir par écraser la petite.

Il est temps de dire aux Français de toutes confessions, qu'ils croient au ciel ou qu'ils n'y croient pas : n'ayons pas peur, sinon nous sommes tous perdus.

Roosevelt avait raison : il n'y a rien d'autre à craindre que la peur elle-même.

Le vrai danger, ce n'est pas que la France flanche face à l'islamisme, c'est qu'elle perde ses nerfs si le poison de la peur l'emporte.

Il est temps de mettre en garde les djihadistes, les islamistes car la fraternité française pourrait se transformer en férocité.

Il est aussi temps de dire aux Musulmans croyants de France de donner de la voix. Ils sont trop nombreux à dire « pas en mon nom ». Ce slogan ne passera plus. Leur silence ne passera plus. Car c'est justement en leur nom que ces atrocités sont commises. Ils sont les seuls légitimes à pouvoir dénoncer cette injustice. Ils ont déjà commencé à le faire. Mercredi, il faudra que leur colère éclate. Mercredi, lorsque nous entonnerons tous la marseillaise en mémoire de notre martyr. Samuel Paty était le mort de trop. Nous ne laisserons plus rien passer.

 

Guillaume Bigot, est directeur d'une école de commerce, politologue et chroniqueur sur C-News. Son prochain essai, Populophobie, pourquoi il faut remplacer la classe dirgeante française, sort aux éditions Plon le 22 octobre.

18/10/2020 - Toute reproduction interdite


Un homme tient un T-shirt et une rose blanche alors qu'il assiste à un rassemblement près du Bataclan à Paris, en France, le 13 novembre 2017.
Gonzalo Fuentes
De Guillaume Bigot

À découvrir

ABONNEMENT

Offre promotionnelle

À partir de 4€/mois Profitez de l’offre de lancement.

Je m’abonne
Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter fild

Recevez l'essentiel de l'info issue du terrain directement dans votre boîte mail.

Je m'inscris
Faites un don

Soutenez fild, média de terrain, libre et indépendant.

Nos reporters prennent des risques pour vous informer. Pour nous permettre de travailler en toute indépendance,

Faire un don