Dans un an on saura. Oui on saura si Emmanuel Macron se sera succédé à lui-même ou si un ou une autre sera devenu(e) - ce n’est pas de l’écriture inclusive - le 9ème Président ou la 1ère Présidente de la Vème République.

La chronique de Philippe David

A un an d’une échéance cruciale pour notre pays, les jeux seraient faits pour le premier tour si l’on en croit les sondages, et ce serait la revanche de 2017 entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen comme il y eut une revanche entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand il y a pile 40 ans. Un second tour que les deux candidats finalistes de la dernière élection espèrent rejouer, puisque Emmanuel Macron ne peut être réélu que face à Marine Le Pen et que le seul candidat que peut battre Marine Le Pen est justement Emmanuel Macron.

Et le moins qu’on puisse dire est que le gouvernement fait tout pour faire monter Marine Le Pen en agissant non pas de Dunkerque à Tamanrasset mais de Dunkerque à Menton, les régionales étant une fabuleuse fenêtre de tir pour disloquer les Républicains ou ce qu’il en reste après avoir éparpillé façon puzzle le Parti Socialiste il y a 4 ans.

Phase 1 en PACA lorsque Jean Castex donne son imprimatur pour une liste commune LR-LREM. Tohu-bohu dans le Landernau politique national, le tout se soldant par une décision de LR qui rappelait le titre d’un tube de Marcel Zanini intitulé « tu veux ou tu veux pas »… Stratégie payante pour LREM et mortifère pour LR puisque Thierry Mariani est, dans deux sondages IFOP et IPSOS publiés le 11 mai, donné gagnant en juin prochain.

Phase 2 dans les Hauts de France avec l’envoi d’Éric Dupond-Moretti pour, je cite l’intéressé, « chasser le RN de ces terres ». Un samedi de communication catastrophique, ce sont même certaines chaines d’infos plutôt pro-gouvernementales qui le disent. En effet, dans une région où le chômage est endémique puisque les mines et les industries lourdes ont soit fermé, soit licencié massivement, résumer son programme à « chasser le RN de ces terres » est aussi productif que de dire à un SDF qui mangerait un sandwich au pâté qu’il ferait bien de se convertir au véganisme pour être dans l’air du temps. On attend avec impatience le prochain sondage dans les Hauts de France même si Xavier Bertrand n’a pas, contrairement à Renaud Muselier, accepté le baiser qui tue de la République en Marche.

Bref, la majorité fait tout pour faire gagner le RN dans ces régions afin d’achever les républicains qui, au rythme où vont les choses, vont rejoindre le PS dans la rubrique « nécrologie » de la presse écrite, les pages politiques étant réservées aux partis encore vivants.

Des méthodes qui rappellent le fameux aphorisme d’Édouard Herriot qui disait, non sans humour : « la politique c’est comme l’andouillette, ça doit sentir un peu la merde mais pas trop ». Un aphorisme auquel aurait pu répondre François Mitterrand, l’ancien Président de la République dont on a commémoré les 40 ans de l’élection cette semaine, puisque celui-ci avait l’habitude de dire « dans l’histoire de France, ceux qui ont joué la politique du pire ont fini soit exilés, soit fusillés ».

Dans un an on saura si la majorité a joué à la roulette russe ou à la roulette belge, la roulette belge se pratiquant avec cinq cartouches dans le barillet et un seul trou…

11/05/2021 - Toute reproduction interdite


Thierry Mariani assiste au lancement de la campagne du parti Rassemblement national pour les élections européennes à Paris, le 13 janvier 2019.
© Christian Hartmann/Reuters
De Philippe David