Société | 30 juillet 2018

Crise indépendantiste - Quel impact sur le tourisme à Barcelone ?

De GlobalGeoNews GGN
min

L’automne dernier, le conflit politique catalan a mis un coup d’arrêt à la fréquentation touristique de Barcelone. Six mois après la destitution du gouvernement séparatiste de Carles Puigdemont, les professionnels du tourisme sont encore partagés sur les conséquences de la crise. Par Aurélie Chamerois

Tout au long du mois d’octobre dernier, les images des violences policières du référendum organisé par la Catalogne et interdit par l’Espagne, puis celles des multiples manifestations pour ou contre l’indépendance ont fait le tour du monde. Les téléspectateurs découvraient soudainement un tout autre visage de Barcelone, destination jusque-là privilégiée pour sa douceur de vivre et son sens de la fête. Alors que la ville s’était rapidement relevée des attentats du mois d’août, l’activité touristique a connu en automne un brusque ralentissement.

La fréquentation hôtelière a chuté de 15% en novembre et décembre, et de 9% sur le premier trimestre 2018 par rapport aux mêmes mois des années précédentes (source Office du Tourisme de Barcelone et Syndicat des Hôteliers de Barcelone). Des chiffres à manier avec prudence selon Bruno Hallé, directeur d’une entreprise de conseil pour les chaînes hôtelières internationales. “Les trois premiers trimestres 2017 ont battu tous les records, c’était une année exceptionnelle, explique-t-il, c’est dommage qu’elle ait été freinée en automne mais nous avons tout de même conclu l’année avec une hausse de 7% et en ce début 2018, nous baissons par rapport à 2017 mais il faut souligner que nous revenons aux chiffres de 2016, qui était aussi une très bonne année”.

Selon les chiffres de l’Institut National des Statistiques (INE), le nombre de touristes se stabilise au printemps, la clientèle internationale augmentant à nouveau et compensant la baisse des visiteurs nationaux. “Certains Espagnols qui seraient venus à Barcelone choisissent maintenant d’autres villes pour des raisons politiques et idéologiques” croit savoir Bruno Hallé.

Avec 30 millions de touristes en 2017, la capitale catalane reste toutefois une destination de premier plan. “Le défi de Barcelone est aujourd’hui de gérer cette masse de touristes qui reste extrêmement importante et de développer la clientèle haut-de-gamme, pour améliorer les revenus sans accroître le nombre de visiteurs, déjà très élevé” estime Eugeni Osácar, directeur de recherche sur le tourisme à l’Université de Barcelone. La ville a été l’an dernier leader mondial de l’organisation de salons et congrès professionnels. “C’est le type de public qui consomme davantage que le touriste habituel, et Barcelone se positionne très bien sur ce segment” poursuit le chercheur, qui reconnaît par ailleurs que les hôtels de luxe sont ceux qui ont le plus souffert de la crise politique.

Pour Mika Lasne, restaurateur dans le quartier touristique de l’Eixample, la chute de la clientèle la plus fortunée a été particulièrement drastique. “Il y a peut-être toujours autant de touristes mais Barcelone devient exclusivement une destination low cost” soupire-t-il en découvrant les chiffres officiels. “Quand on paie 300 euros la nuit, il y a beaucoup d’autres options pour passer un week-end et des vacances que Barcelone, qui a récemment donné une image d’instabilité” admet également Bruno Hallé.

En début d’année, la mairie de Barcelone a lancé une large campagne de promotion pour redorer son image à l’international.

 

19/05/2018 - Toute reproduction interdite


Les partisans de l'indépendance brandissent les drapeaux séparatistes catalans, connus sous le nom de "Estelada", lors d'une manifestation à Barcelone, Espagne, le 15 avril 2018.
De GlobalGeoNews GGN

À découvrir

ABONNEMENT

Offre promotionnelle

À partir de 4€/mois Profitez de l’offre de lancement.

Je m’abonne
Newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter fild

Recevez l'essentiel de l'info issue du terrain directement dans votre boîte mail.

Je m'inscris
Faites un don

Soutenez fild, média de terrain, libre et indépendant.

Nos reporters prennent des risques pour vous informer. Pour nous permettre de travailler en toute indépendance,

Faire un don