Depuis près d’un an, le monde a fermé ses portes. Voyager s’avère difficile, les frontières sont closes puis rouvrent, chaque pays a son fonctionnement propre. Pourtant, le programme Erasmus est toujours en activité. Malgré la grave crise sanitaire qui a frappé l’Espagne, de nombreux étudiants français continuent de partir étudier à Barcelone pour plusieurs mois.

Reportage de Marie Corcelle (À Barcelone)

Barcelone a toujours fait rêver la jeunesse. Ville cosmopolite réputée pour sa vie nocturne et étudiante, elle a toujours été un lieu de prédilection pour les Erasmus, et beaucoup rêvent d’un séjour aux allures du célèbre film L’Auberge Espagnole. India, étudiante en deuxième année à l’IEP de Bordeaux l’avoue d’emblée : « Je suis heureuse d’être ici, mais j’aurais aimé que ça tombe sur une autre année, afin de vivre pleinement mon séjour, comme dans le film de Klapisch ! ».

Renaud est originaire de Bordeaux et étudiant en troisième année de psychologie. Il explique sa décision : « Une fois la pandémie installée, on m’a demandé si je voulais quand même partir. Je me suis dit que c’était une situation délicate pour tout le monde et que je devais tenter d’améliorer la mienne autant que je pouvais ». Il a rapidement arrêté son choix de partir à l’étranger pour tenter d’échapper à une ambiance morose. « J’avais la possibilité de rester vivre chez mes parents, voir mes amis dans un environnement que j’aime énormément mais que je connais par cœur, ou de partir pour découvrir quelque chose d’inconnu et de complètement nouveau », explique-t-il.

Une majorité de cours à distance

Pour éviter au maximum le nombre de contaminations, les interactions entre les élèves sont limitées et la majorité des cours se fait à distance par le biais de visioconférences. Camille, étudiante en Langues étrangères appliquées à Caen, raconte : « Pendant ce second semestre, j’ai la chance de pouvoir me rendre sur place. Mais les six premiers mois, tout était en ligne. C’est dommage d’être en Erasmus à Barcelone et de ne pas pouvoir aller à l’université ».
Pour certains étudiants, les cours à distance permettent une plus grande autonomie et un emploi du temps plus souple. Mais si le fait ne pas se rendre à la faculté peut présenter des avantages, l’un des inconvénients majeurs est la diminution des rencontres car l’université est un important vecteur de lien social. C’est ce que regrette India : « J’ai dû choisir tous mes cours en ligne suite à des problèmes de compatibilité d’emploi du temps entre les classes de première et deuxième année. Il est impossible de rencontrer des Catalans ou des locaux et de créer un lien avec les gens de la fac. Je ne connais presque que des Erasmus ».

Une situation avantageuse

À Barcelone, les restrictions liées à la pandémie n’ont rien à voir avec celles qui sont en vigueur en France. Les bars et restaurants sont ouverts une majeure partie de la journée, il est possible de se rendre au musée, et le couvre-feu est à 22h. « On ne sort pas jusqu’à 4 heures du matin avec des amis, c’est sûr. C’est un peu dommage, mais j’arrive à en profiter autrement. Je suis heureuse d’être ici, je n’ai aucune envie de rentrer. Mais c’est différent de que j’attendais », reconnaît India. Actuellement, Barcelone ne regorge pas autant de monde que d’ordinaire. Les rues sont plus silencieuses, les hordes de touristes sont absentes. La situation sanitaire semble toutefois s’améliorer en Espagne et il est possible que les mesures s’allègent dans les semaines à venir. Peut-être que la ville préférée des étudiants Erasmus retrouvera bientôt sa célèbre joie de vivre.

09/04/2021 - Toute reproduction interdite


Des personnes attendent une place à la terrasse du restaurant Les Quinze Nits sur la place Real, à Barcelone, le 23 novembre 2020
© Nacho Doce/Reuters
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