Variants du virus, tests PCR, quarantaines obligatoires, … Les Français vont affronter leur second été avec le spectre du coronavirus flottant dans l’air. Alors que les perspectives de voyages semblent bien compliquées cette année encore, la rédaction de Fild fait un nouveau point sur la situation après les annonces d’Emmanuel Macron datant du 12 juillet et les nouvelles mesures anti-Covid décrétées en Catalogne. 

Par Alixan Lavorel – actualisé le 13 juillet

Le ciel s’obscurcit encore un peu sur les vacances d’été. Alors que le variant Delta représente dorénavant plus de 60% des nouvelles contaminations en France, le gouvernement a décidé de durcir le ton. « Un été de mobilisation », voilà la stratégie décidée et expliquée aux Français par le chef de l’État lors de son allocution du lundi 12 juillet à 20h.

Mais alors concrètement, qu’est-ce qui a changé par rapport à la semaine dernière au volet voyage ? Alors que la liste des pays « à risques » - rangés en trois catégories vert, orange et rouge en fonction du niveau de circulation du virus – n’a pas changé, certaines conditions d’entrées sur le territoire français ont été revues.

En cas de dégradation de la situation dans certains pays, le Président a annoncé « que les ressortissants en provenance de pays à risques » devront observer une période « d'isolement contraint s'ils ne sont pas vaccinés ». Une mesure qui ne concerne pour l’instant aucun pays européen. Les Français sont cependant invités à faire preuve de « prudence où qu'ils soient cet été », selon le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

L’Espagne et le Portugal « sous surveillance renforcée »

Pour contrer la montée du variant Delta, le Président de la République a annoncé de nouvelles mesures concernant l’Espagne et le Portugal. Bien que figurant toujours dans les « pays verts », les deux États de la péninsule Ibérique sont placés sous « surveillance renforcée » a annoncé Emmanuel Macron. Aucune complication pour les départs en vacances des personnes ayant reçu leurs deux doses de vaccin. En revanche, cela se complique pour les non-vaccinés. Le gouvernement exige désormais que le test présenté à l'entrée en France, pour les personnes en provenance du Portugal ou de l'Espagne, soit daté « de moins de 24 heures ».

Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, que la rédaction de Fild a contacté, précise que ces nouvelles mesures annoncées lors de l’allocution présidentielle sont « entrées en vigueur » avec effet « immédiat » et qu’elles concernent aussi bien les tests antigéniques, que les tests PCR. Pour l’heure, « seul l’Espagne et le Portugal sont concernés » au sein de l’UE, annonce le Quai d’Orsay. Du côté de la Catalogne où se trouve Barcelone, ville prisée des touristes et touchée par une nouvelle vague de contaminations, le gouvernement local de la Communauté autonome a annoncé la fermeture de toutes les activités nocturnes – dont les bars et restaurants - à 00h30, à partir du 13 juillet.

Autre annonce, alors que les Français étaient nombreux à souhaiter se rendre au Maroc, c’est finalement la Tunisie qui bascule en « pays à risque », dit « rouge ». Les autorités françaises annoncent qu’il faudra désormais un motif impérieux pour se rendre dans le pays ou en revenir.

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Attention, article daté du 9 juillet – des modifications doivent être prises en compte pour les départs en vacances !

Partir en vacances au temps de la Covid-19 ? Un casse-tête pour tous les Français qui ne rêvent que d’une chose : profiter de leur pause estivale. Afin d’oublier, l’espace de quelques jours, ces deux années marquées par des confinements et autres couvre-feux. Mais concrètement, même si la situation épidémiologique semble s’améliorer, force est de constater que tout n’est pas gagné et que les variants du coronavirus ont bien décidé de mener la vie dure aux séances bronzage sur les plages de sable fin. Le résultat est simple quant aux destinations choisies par les Français. D’un côté, un départ massif dans l’Hexagone. Principalement dans les régions PACA, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie qui représentaient logiquement plus de la moitié des destinations au départ de Paris, le week-end des 3 et 4 juillet dernier, selon le site spécialisé Trainline.

De l’autre, puisque la pandémie semble reculer : pourquoi ne pas privilégier de nouveau des destinations plus éloignées ? Selon le comparateur de voyages en ligne Kayak.fr, cinq pays tirent leur épingle du jeu en 2021 : l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce et le Maroc.

Variant Delta, persona non grata !

« Évitez l’Espagne et le Portugal ! ». Ce sont par ces mots que Clément Beaune, secrétaire d’État aux Affaires européennes, a déconseillé, le 8 juillet dernier, aux vacanciers français de se rendre dans la péninsule Ibérique cet été. En effet, une crainte majeur inquiète aussi bien les gouvernements espagnols, catalans que français : l’impact du variant delta. La Communauté autonome de Catalogne, où se situe Barcelone, ville particulièrement prisée des touristes français, est en train de réinstaurer des mesures anti-Covid quelques jours seulement après la fin du port obligatoire du masque dans la rue. Une explosion de l’épidémie, majoritairement chez les jeunes, a été observée en Catalogne, passant de quelques dizaines de nouveaux cas mi-juin à plus de 8.000 ce 8 juillet. Mais concrètement si le gouvernement français conseille d’éviter la zone, aucune réelle restriction aux frontières n’est à signaler à l’heure actuelle. Que ce soit pour l’Espagne, le Portugal, l’Italie et la Grèce, les conditions d’entrées sur le territoire sont les mêmes. Il faudra présenter aux autorités au choix : la preuve d’une vaccination complète avec un vaccin reconnu par l’Agence européenne du médicament (Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson) ou un certificat de guérison (attention, le temps de validité de ce certificat peut varier selon le pays) ou le résultat négatif d’un test PCR ou antigénique de moins de 48 heures (jusqu’à 72h pour les tests PCR en Grèce et au Portugal). Enfin, pour visiter le Maroc, les passagers européens devront présenter à l’embarquement un certificat de vaccination complet ou un test PCR négatif de moins de 48 heures avant la date d’entrée sur le territoire marocain. À l’inverse d’autres États, aucun isolement ne sera demandé aux voyageur venants des pays membres de l’UE.

En revanche, au-delà de l’Europe les choses se compliquent. Alors que les Américains (même non vaccinés) sont autorisés à entrer en Europe pour visiter le Vieux continent, la réciprocité ne semble pas pour tout de suite du côté de l’Oncle Sam. L’entrée sur le territoire américain, second pays le plus visité au monde après la France, est toujours interdite aux Européens cet été.

Le passeport vaccinal européen entre en action

Le tourisme est un élément clé pour l’économie de nombreux pays européens. Pas question donc de renoncer à un deuxième été consécutif à cause de la pandémie. L’Europe déploie donc une nouvelle arme pour lutter contre le phénomène : le passeport vaccinal. Entré en vigueur le 1er juillet dans toute l’Union européenne (mais aussi en Andorre, Islande, Liechtenstein, Monaco, Norvège et Suisse), il permet aux européens de traverser les frontières sans problème et plus rapidement. Le pass sanitaire européen, également appelé passeport immunitaire, ou certificat de vaccination permet pour le moment de centraliser au format numérique : le certificat de vaccination, la preuve des tests négatifs (antigéniques et PCR) si la personne n’est pas vaccinée et une attestation d'immunité suite à la guérison au Covid-19. Bref, toutes les preuves pour passer un été au soleil, regroupées en un seul endroit. En France, les démarches pour obtenir le passeport vaccinal se déroule sur l’application TousAntiCovid ou le site de l’Assurance Maladie.

Pour toutes autres interrogations sur les conditions de voyages cet été, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères tient quotidiennement à jour une carte avec les informations nécessaires aux tests PCR et autres quarantaines à prévoir dans le monde entier, avant le grand plongeon de l’été.

13/07/2021 - Toute reproduction interdite


Des personnes marchent dans une rue de Paris sans masque de protection car ils ne sont plus obligatoires à l'extérieur, dans le cadre de la pandémie de coronavirus, le 17 juin 2021.
© Gonzalo Fuentes/Reuters
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