Analyses | 1 juin 2021
2021-6-1

Coronavirus : « Complotismes » ou vérités scientifiques qui dérangent ?

De Francis Mateo
5 min

Critiqués, vilipendés, discrédités, ridiculisés : certains discours - et leurs auteurs - étaient inaudibles au début de la crise de la Covid. Ils ont pourtant été scientifiquement reconnus depuis. C'est le cas de la thèse désormais admise d'un virus probablement sorti d'un laboratoire.  Le grand reporter Philippe Aimar fait la lumière sur cette question dans un livre très documenté intitulé « Covid-19 : enquête sur un virus » (Ed. Le jardin des livres 2021), où il passe au crible tous les éléments factuels avérés depuis l'automne 2019.  Attention, ce qu’il raconte est glaçant !

Par Francis Mateo

À partir de quel moment et comment les théories conspirationnistes deviennent-elles des vérités scientifiquement reconnues et politiquement admises ? Et que deviennent les supposés « complotistes », précédemment voués aux gémonies, lorsque leurs révélations deviennent des thèses officielles ? Deux questions qui se posent inévitablement à la lecture des derniers ouvrages critiques publiés sur la crise de la Covid-19, ses origines et sa gestion.

Parmi ces parutions, le livre du grand reporter Philippe Aimar (1) est sans doute le plus complet, car l'auteur - qui a travaillé pour de grands médias internationaux -, s'attache à passer au crible tous les éléments factuels avérés depuis l'automne 2019. Et même avant.

« Covid-19, enquête sur un virus » est une véritable généalogie de la pandémie qui a paralysé une grande partie du monde pendant plus d'un an. Une investigation minutieuse publiée au moment où l'OMS se décidait enfin à envoyer quelques-uns de ses représentants à Wuhan, pour chercher la source du SARS-CoV-2. Autant dire que Philippe Aimar a une longueur d'avance (et même plusieurs) sur une organisation mondiale envers laquelle il n'est pas tendre. « Ce sont les faits qui sont cruels », corrige le grand reporter, qui nous renvoie aux premiers jours de l'épidémie, dans cette cité chinoise dont le nom n'évoquait encore rien à personne, hormis chez les spécialistes en virologie, puisque Wuhan est l'une des rares villes à disposer d'un laboratoire P4 (P comme pathogène, et 4 pour son niveau maximum de dangerosité).

Philippe Aimar commence par rappeler que « le premier cas de Covid-19 ne date pas du 31 décembre 2019 », mais de la fin du mois d'octobre, alors que viennent de commencer à Wuhan les Jeux Militaires, auxquels participent 9.308 sportifs en provenance de 110 pays... où ils vont bientôt retourner.

Malgré l'enfumage des autorités chinoises - qui tarderont deux mois à reconnaître l'existence du nouveau virus - , les soupçons des services secrets (notamment américains) et des premiers enquêteurs se concentrent sur le laboratoire P4. Bizarrement, la désinformation dévie tous les regards sur le marché de Wuhan, à partir duquel a prospéré la fameuse - et fumeuse - « théorie du pangolin ». L'animal acquiert une célébrité mondiale en même temps que son statut de suspect numéro un dans l'origine du virus.

Oubliée, la théorie du pangolin !

Le 29 janvier 2020, le laboratoire texan Galveston National Laboratory publie pourtant un article sur son site officiel, « expliquant clairement et sans détour que la Covid-19 est apparue à Wuhan fin octobre 2019 ». Comment ce laboratoire américain peut-il être aussi formel ? Car c'est « un laboratoire de type P4 » identique à celui de Wuhan, donc parfaitement informé, puisque « ces centres biologiques échangent des informations et des virus entre eux, en particulier sur les virus de type Sars et Ebola », note Philippe Aimar. Et qu'importent les « preuves » évoquées par Mike Pompeo et Donald Trump pour affirmer que le virus est bien sorti du laboratoire P4 de Wuhan. Pour la quasi-unanimité de la presse, un pangolin a de toutes façons davantage de crédibilité que le président en fonction des États-Unis.

Cependant, un an et demi après, la possibilité d'une zoonose est scientifiquement rejetée au profit d'un virus sorti d'un laboratoire. En France, le professeur Jean-Luc Montagnier, le mathématicien Jean-Claude Pérez et le pharmacologue Jean Bernard Fourtillan ont essuyé de dures campagnes de dénigrement pour avoir eu le tort de le dire trop tôt. L'information aurait sans doute été utile pour combattre prématurément la pandémie. Il faut attendre la démonstration du docteur américain Steve Quay - et son rapport de 196 pages - pour admettre enfin cette réalité scientifique : il y a « 99,8% de chances pour que le virus provienne d'un laboratoire, et 0,2% seulement de probabilités pour qu'il provienne de la Nature ». Pourquoi cette réalité que Philippe Aimar met en lumière a-t-elle donc été si longtemps ignorée, et de manière si virulente ?

Le journaliste y voit un lien, en tout cas de concomitance, avec une grande opération de simulation de pandémie mondiale à New York le 18 octobre 2019, à 8h00. Ce jour-là, à la même heure, démarrait la cérémonie d'ouverture des Jeux « olympiques » militaires à Wuhan.

« Big Data, Big Pharma, Big Finance »

Parmi les organisateurs de ce grand exercice de simulation pandémique à New-York figuraient la fondation Bill & Melinda Gates, le Johns Hopkins Center, et Klaus Schwab, le directeur du Forum Économique Mondial de Davos. Klaus Schwab est aussi l'auteur de « The Great Reset » (La grande réinitialisation). C'est notamment la lecture de cet ouvrage qui a incité Philippe de Villiers à écrire « Le jour d'après » (2) dans lequel il dénonce un projet de « transformation de l'humanité ». La crise du SARS-CoV-2 y apparaît comme une « opportunité » pour imposer « la « société disciplinaire » axée sur le contrôle social, entrevue par Michel Foucault ». Il est vrai que le passé politique et l'entregent de Philippe de Villiers le mettent à l'abri de l'ostracisme dont sont victimes ceux qui osent s'avancer sur ce terrain, malgré un matraquage médiatique uniforme qui pose question. D'autant plus lorsque ces discours critiques finissent par se vérifier, comme c'est aussi le cas avec le passeport vaccinal, dont Olivier Véran jurait en décembre dernier qu'il n'y en aurait jamais. Aujourd'hui, seules les modalités de mise en place de ce passeport vaccinal sont discutées par le ministre français de la Santé, sorte de girouette en pleine tempête permanente. Le temps a encore donné raison aux prétendus « complotistes », qui n'emploient d'ailleurs jamais le terme de « complot », mais se contentent d'exposer des faits, à l'instar de Philippe Aimar : « dès 2018, l'Union Européenne avait inscrit à son programme la « feuille de route » afin d'imposer un passeport vaccinal à ses 500 millions de citoyens (…). Précisions que l'OMS a estimé le marché des vaccins à 100 milliards de dollars pour l'année... 2025 ». Une donnée qui n'aura pas échappé aux « Big Data, Big Pharma, Big Finance », ces puissances privées que Philippe de Villiers et d'autres soupçonnent de vouloir imposer « une gouvernance mondiale ».

Élucubrations ? Fantasmes ? Délires de persécution ? À trop s'interroger sur ce que cache le doigt du « complotiste », on finit surtout par oublier ce qu'il désigne.

(1) « Covid-19 : enquête sur un virus » de Philippe Aimar. Ed. Le jardin des livres 2021

(2) « Le jour d'après » de Philippe de Villiers. Ed. Albin Michel

01/06/2021 - Toute reproduction interdite


"Covid 19, enquête sur un virus " par Philippe Aimar
© Editions Le jardin des Livres
De Francis Mateo