Dans son ouvrage Commandos Marine, au cœur des tempêtes (Ed. du Rocher), Manuelle Calmat nous plonge dans l’univers de ces soldats d’élite, qu’elle a côtoyé de très près pendant leurs entrainements. Le choix de la fiction a néanmoins été privilégié pour relater la vie de ces marins hors du commun. Par Soleiman Sbai

Le récit repose sur des témoignages et des anecdotes précises qui donnent l’impression d’accompagner Tom, Robin ou encore Carlos dans leur quotidien, marqué par l’acceptation et la maîtrise de la douleur, omniprésente sous différentes formes.

On découvre d’abord les personnages lors du stage de recrutement au bout duquel se trouve l’opportunité d’intégrer l’un des prestigieux commandos Trépel, Hubert ou encore Jaubert. Le but de ces épreuves : préparer les candidats au manque et « laisser la mort rôder jusqu'à ce qu’elle se lasse ». La fameuse épreuve du « coxage » qui pousse les stagiaires à bout, jusqu’à l’anéantissement en est l’illustration parfaite. « Tout ça pour un béret vert » pour reprendre les mots de Samuel, jeune aspirant.

Les paysages et les missions varient, tout comme les conditions climatiques, souvent extrêmes. Des Caraïbes (au large de la Colombie) pour démanteler un réseau de narcotrafiquants, en passant par l’Ile de Hans non loin du Groenland pour libérer des otages retenus sur un bateau, l’auteure met l’accent sur la solidarité fraternelle et le courage dont font preuve ces soldats face au froid, au manque de sommeil et à une pression insoutenable.
On découvre qu’en plus d’un mental à toute épreuve, ceux-ci possèdent également des aptitudes physiques hors normes, à l’instar de Kim et Ari, nageurs de combat ou encore Max, maitre-chien accompagné de son malinois Lucky « au regard mordoré ».

Véritables couteaux suisses, on réalise à la lecture de cet ouvrage que les commandos maîtrisent parfaitement la technologie de pointe militaire, indispensable pour porter secours à des ressortissants français enlevés sur la Presqu’ile de Bakassi et ses 4000 kilomètres carrés de forêt dans le golfe de Guinée ou pour capturer un des leaders djihadistes les plus importants du Sahel.

Les conversations entre les commandos qui racontent leur quotidien et leurs expériences passées, notamment en Afghanistan où ils ont mené des opérations contre les hommes de Ben Laden montrent le lien fraternel noué fruit des années et des missions.
Elles illustrent enfin l’incompatibilité entre la profession de commando, «bien plus qu’un métier » et la vie de famille comme l’explique Nico, en plein divorce, au jeune Tom fraichement fiancé, avant de se lancer dans une dernière opération en période de fêtes de fin d’année dans un Yémen en proie à la guerre civile, au choléra et à la famine.

Cet ouvrage solidement documenté donne l’impression de partager le quotidien de ces hommes de l’ombre qui agissent dans le secret le plus total. On a le sentiment de mieux les connaître, de mieux comprendre leur devise : « Être et durer ».

16/01/2019 - Toute reproduction interdite


L'insigne du commando des Marines français
Régis Duvignau/ Reuters
De GlobalGeoNews GGN