Santé | 13 juin 2019

Cancer : « La Cryothérapie, c’est l’avenir »

De Peggy Porquet
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La cryothérapie est considérée comme une alternative d’avenir dans le traitement de certains cancers. C’est ce que nous explique le docteur Gilles Piana, radiologue interventionnel et responsable du département d’imagerie à l’Institut Paoli Calmettes. Propos recueillis par Peggy Porquet.

 

L'institut Paoli Calmettes traite certains cancers à l'aide de cryothérapie depuis 2011. Cette technique permet-elle de prévenir des récidives ou de guérir ?

La cryothérapie n’est pas un traitement pour prévenir les récidives. C’est le même principe qu’un acte chirurgical, on traite une lésion lorsqu’elle est présente, mais on ne va pas empêcher qu’elle revienne. La cryothérapie est une alternative à un traitement chirurgical offrant beaucoup d’avantages.

 

En quoi consiste une séance de cryothérapie ? Combien de séances sont nécessaires pour traiter la maladie ?

On ne peut pas vraiment parler de séance, c’est un acte en lui-même qui ne nécessite qu’une seule intervention.  L’opération consiste à positionner une aiguille à travers la peau, au sein d’une lésion tumorale dans un organe cible qui peut être le foie, le rein, l’os. A travers cette aiguille, sous guidage de l’imagerie, du froid est délivré et l’on congèle très localement la tumeur de manière assez précise. A la fin du geste, une fois l’aiguille retirée, la tumeur est détruite. Ces aiguilles très fines sont reliées à un générateur produisant du froid. Le traitement tout compris dure environ une heure.

 

Quels types de cancers sont traités en cryothérapie et à quel stade de la maladie ?

Actuellement, on traite surtout le cancer du rein, car c’est là où il y a le plus de recul en termes de preuve scientifique. La plupart des « organes » peuvent être traités en cryothérapie : les lésions du foie, du poumon, et des os. Indépendamment du stade, on va parler de la taille de la lésion, généralement petite.

 

Quels sont les risques de la cryothérapie ?

Les risques sont très faibles et exceptionnels. Pour les lésions superficielles, il faut protéger la peau, c’est un risque potentiel. Le principal risque réside lorsque la lésion est au contact des nerfs, mais là encore nous sommes sur des cas exceptionnels. Le froid par lui-même est plutôt un élément protecteur. Il a un effet antalgique. La cryothérapie, c’est l’avenir, c’est sûr. Ce traitement permet de basculer de l’acte chirurgical classique à une technique mini invasive. On diminue les risques opératoires, on raccourcit le temps d’hospitalisation. Ces traitements vont bientôt se faire en ambulatoire. Pour la société cela a aussi un intérêt économique avec des coût amoindris en termes d’hospitalisation. On ne va cependant pas remplacer la chirurgie dont on aura toujours besoin, mais pour les petites lésions facilement accessibles, il est très probable que ces traitements-là seront utilisés pour remplacer l’acte chirurgical.

 

La cryothérapie dispense – t – elle de la chimiothérapie ?

Dans les traitements que je pratique, que ce soit sur le rein ou le poumon, et lorsqu’il s’agit d’une petite lésion,  la plupart du temps  il n’y a pas  de chimiothérapie par la suite. 

 

Quels sont les avantages de la cryothérapie dans le traitement d'un cancer par rapport à la radio fréquence ?

La cryothérapie est un traitement de radiologie interventionnelle. Avant d’avoir accès à un traitement par le froid, on avait un traitement par le chaud, la radiofréquence, depuis une vingtaine d’années.  Depuis cinq ans nous sommes passés du chaud au froid. Les avantages sont multiples. Le principal est de contrôler en direct ce que l’on fait, c’est-à-dire que l’on peut voir le glaçon se former pendant la procédure. Par le chaud, il est plus difficile de contrôler la zone d’ablation. Avec la cryothérapie, on gagne donc en précision, en sécurité. L’autre avantage c’est le côté peu douloureux du froid en comparaison avec le chaud où l’on doit faire des anesthésies générales profondes. On peut faire de la cryothérapie avec des anesthésies générales légères - on parle de sédation - voire sous anesthésie locale. Le froid permet enfin de traiter des lésions plus volumineuses qu’avec la radiofréquence. La cryothérapie peut également être un traitement antalgique pour des patients qui présentent des métastases osseuses douloureuses,  en plus des traitements médicamenteux et de la radiothérapie.

 

14/06/2019 - Toute reproduction interdite


Docteur Gilles Piana
Institut Paoli Calmettes
De Peggy Porquet

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