À travers le cyberharcèlement infligé à Floriane, étudiante de 19 ans et militante laïque, c'est une conception de la société qui est visée. Et le courage de Floriane, persécutée dans sa propre fac de la Sorbonne, est un acte de résistance face aux attaques contre la laïcité.

La chronique de « Mila en Liberté »

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Floriane a été un de mes premiers soutiens. Elle a été là pour me soutenir haut et fort, et n’a jamais hésité à combattre avec moi, à vouloir me rendre service, et à prendre la parole pour me défendre. Elle a toujours fait en sorte de mobiliser des personnes pour faire entendre mon histoire. C’est elle qui avait marché avec les professeurs des associations de Vigilance Collège Lycée et Vigilance Université, des réseaux d’enseignants courageux qui luttent contre les atteintes à la laïcité et à la liberté d’expression dans l'enseignement. Ce jour-là, ces manifestants affichaient fièrement et joyeusement le message « Je suis Mila », et s’imposaient dans la foule pro-LGBT qui les a agressés en déchirant leurs pancartes et en vociférant : « Bande de fachos, c’est une islamophobe ! »

On parle de mon courage, mais je tiens à souligner celui de Floriane, qui est immense, qui a été elle-même et reste victime de cyberharcèlement pour m’avoir soutenue publiquement.

Notre « fan-club » islamiste préféré lui a également infligé des insultes massives et de nombreuses menaces de mort qui visent également sa famille.

Elle a dû installer un système d’alarme et des caméras de surveillance chez elle.

Floriane, elle non plus, ne s’est jamais laissée impressionner par la terreur qu’ils veulent nous imposer.

Elle se revendique depuis longtemps maintenant militante laïque et pour la liberté d’expression.

C’est une femme que j’admire, bien qu’elle ait - comme moi - encore beaucoup à apprendre, et c’est mon amie.

Mon amie que je ne laisserai pas tomber, que je ne laisserai pas sans voix aujourd’hui, car elle est victime d’intimidations et de persécutions dans sa propre fac de lettres de la Sorbonne, à Paris.

Des bousculades et du mépris exprimé dans les couloirs ou à la cantine, des mots horribles écrits sur les murs des toilettes, des regards et des jugements malveillants quotidiens, des insultes qui fusent en face comme par messages. Floriane a le courage de se tenir loin de la meute qui se démène pour lui nuire plutôt que d’étudier.

Les harceleurs se mettent à plusieurs pour lui envoyer des messages groupés, l’insulter et l’intimider sans cesse.

Hier encore, elle était anxieuse et terrorisée, et j’appréhendais en pleurant sa rentrée.

Je veux qu’on se mobilise autour de Floriane

« Floriane l’islamophobe DÉGAGE » (ce qui était écrit dans les toilettes de sa fac). Les toilettes ont été repeintes, ces mots effacés sans qu’aucune sanction n’ait été prise. Aucun responsable de l’établissement n’a réagi.

Est-il nécessaire de rappeler, encore une fois, que ces actes haineux poussent au suicide tant d’étudiants qui en sont les victimes ?

Honteux.

Ça me rappelle la lâcheté de ma proviseure du lycée de Villefontaine, qui avait pu identifier de nombreux coupables de mon lynchage au tout début.

Ceux qui appelaient à mon suicide, à me frapper, à me brûler à l’acide.

Ceux qui se réjouissaient que cela arrive en promettant à tout Twitter de jouer les reporters.

Ceux qui m’attendaient après le week-end, en troupeau, avec des couteaux et de lourdes pierres à la main.

Mais cette proviseure a préféré dire que je ferais mieux de ne plus revenir dans ce lycée, car je serais nuisible à l’image de l’établissement.

Je voulais que les gens le sachent, comme je veux qu’on se mobilise aujourd’hui autour de Floriane, et que cette fac soit boycottée.

Ce n’est pas normal de voir que des étudiants se soucient plus de détruire une personne psychologiquement, voire de détruire sa vie pour ses opinions qui - de plus - ne sont pas censées déranger, plutôt que d’étudier.

Ce n’est pas normal de fermer les yeux et de ne les rouvrir que pour pleurer lorsque les victimes ont succombé.

C’est un appel à l’aide, parce que je refuse de laisser mon amie subir cette persécution que personne ne mérite.

Une violence banalisée

Les islamistes et islamogauchistes se font majoritaires et menaçants dans presque toutes les facs aujourd’hui, et la plupart d’entre eux se sentent toujours assez nombreux et puissants pour imposer leurs idées, revendiquer ouvertement que la charia est bien plus importante que la loi française, que ceux qui s'opposent à l’islam méritent amplement de subir la violence.

« La loi française < L’islam », « L’islamophobe garde ton opinion pour toi », « La charia y’a pas mieux », « Quand la justice va être rendue (pour nous), ça sera un génocide », « Ça c’est les kaffirs, eh les muslims laissez tomber » : ce sont quelques-uns des messages envoyés à Floriane par les élèves de sa classe dans un groupe de conversation WhatsApp, dont elle a été exclue après avoir été gratuitement provoquée.

Voilà ce que ces gens pensent de la laïcité et la manière dont ils méprisent ceux qui la défendent.

Quand on est harcelé de nos jours, beaucoup préfèrent considérer que nous sommes avant tout des personnes « À harceler ».

Comme si on leur appartenait. Oui, comme si on appartenait à l’opinion publique et ses dérives, sa violence, ses diffamations et son manque de discernement.

Ces gens se disent qu’on est déjà tellement lynchés, moqués, violentés et humiliés dans notre quotidien par tant d’autres individus, qu’ils sont légitimes à apporter leur contribution. Comme si c’était un jeu de pointer du doigt, maudire et détruire le mouton noir pour ne pas en être un à son tour, pour se faire aimer du fameux « camp du bien », et surtout pour apaiser son propre manque de confiance en soi ; car on sait très bien, dans le fond, que personne ne harcèle sans être instable et dérangé psychologiquement.

Cette violence banalisée, ils ne la dénoncent que lorsque ça les arrange, et préfèrent fermer les yeux ou la glorifier quand ce n’est pas le cas.

Une hypocrisie qui ne semble pas les déranger.

On ne se fatiguera jamais de les dénoncer, un par un, tant que nous serons vivants.

Harceleurs, c'est à vous d’avoir peur !

Mila.

27/01/2022 - Toute reproduction interdite

De Mila