Le Géopolitologue Roland Lombardi nous livre son analyse sur le Premier Ministre Britannique suite à sa lecture de l'ouvrage Winston. 

La pause estivale est toujours propice à la lecture. J'avais acheté par hasard, en livre de poche et dans une gare en juin 2016, Winston, la biographie du plus célèbre Premier ministre britannique, Winston Churchill, écrite par Boris Johnson. Faute de temps, je ne l'avais jamais lue. Jusqu’à cet été.

Pour tout dire, je ne connaissais rien de son auteur. Je savais qu'il avait été journaliste puis maire conservateur de Londres. Pas davantage. Je ne me suis jamais intéressé à ce personnage, je ne sais pas s'il fut un bon ou mauvais maire, ou encore ce qu'il valait en tant que journaliste. Au final, je m'en fichais pas mal.

Or, comme l’Intelligentsia et les médias français se moquaient continuellement de lui (sur le simple motif qu’il était de droite et qu’il était favorable au Brexit voté - et voulu - par la majorité des Britanniques), avec ce mépris condescendant qu’ils ont pour leurs cibles, je me suis dit que cet homme si critiqué, devenu depuis peu Premier ministre de Grande-Bretagne, était peut-être le roi de la provocation et un mufle, mais qu’il était aussi probablement plus intéressant que veut nous le faire croire une certaine bien-pensance.

J'ai donc profité de l’été pour retrouver sa biographie de Churchill... Une riche idée, car elle fut un régal !

Au final, je ne sais pas si Johnson sera un bon Premier ministre pour les Anglais, ce qu’il fera après la soi-disant « apocalypse » tant annoncée du Brexit, si son choix du « grand large » et son rapprochement avec son « ami » Trump sera bénéfique. Toutefois, ce que je sais, c'est que le « populiste », le « fantasque » ou le « clown » Johnson, a au moins un véritable et grand talent d'écrivain, de narrateur et d'historien.

Cela vaut la peine d'être souligné par les temps qui courent, surtout lorsqu'on connaît la fadeur du niveau intellectuel des dirigeants politiques français !

Son livre est objectivement la meilleure biographie de Churchill ! Certes, on sent bien l'admiration et la passion de l'auteur pour Le ‘’Vieux Lion’’. Mais Johnson reste cependant objectif, et dresse un portrait du grand homme d’État, original, sans concession, étoffé d'analyses et de conclusions historiques (voire parfois géopolitiques, notamment sur le Moyen-Orient) fort pertinentes et enfin, très bien documenté.

Et puis, ce qui ne gâche rien, c'est que Winston est formidablement bien écrit, avec un style riche, tonique, drôle, truculent... J'oserai même dire churchillien !

Bref, dans un océan politique empreint de médiocrité intellectuelle, on l’aura compris, le premier ministre britannique fait figure de lettré. Pour cette seule raison, l’on devrait donc éviter de le réduire à la simple caricature, et s’attarder davantage sur le fond de son discours, car il y a, sans nul doute, encore beaucoup à apprendre de lui.

31/08/2019 - Toute reproduction interdite


Le premier ministre britannique Boris Johnson quitte Downing Street à Londres, en Grande-Bretagne, le 4 septembre 2019.
Hannah McKay/Reuters
De Roland Lombardi