Santé | 13 janvier 2021

Bilan 2020 de la pandémie : un rapport qui dérange

De Francis Mateo
4 min

Le général (2 S) Dominique Delawarde (1) publie un « bilan sanitaire et démographique de l'année pandémique 2020 » à partir des données officielles des États. Son étude, intéressante, remet en question nombre de messages martelés comme des vérités indiscutables. Une enquête méthodique et sourcée qui relativise l'ampleur de la pandémie de Sars-Cov-2. Sans aucun parti pris, il nous est apparu intéressant de donner la parole à cet officier à la carrière prestigieuse.  

                                                               Entretien conduit par Francis Mateo

Fild : Pourquoi cette enquête et quelles sont vos sources ?

Dominique Delawarde : Mon but initial est d’examiner les faits et les chiffres, de les analyser et d'essayer d'en évaluer les conséquences. Petit à petit je me suis aperçu que la situation était beaucoup moins grave que ne le laissaient paraître les médias. Les chiffres en témoignent, puisque 1 % de la population mondiale a été affectée par le virus, donc déclarée positive. Et sur ce 1 %, le nombre de malades est infime comme le nombre de décès. Donc ce virus n'est pas aussi létal que l'on veut bien le faire croire. Toutes les données auxquelles je me réfère sont publiées sur le site www.worldometers.info, à partir des chiffres fournis par les gouvernements nationaux. Mon rapport se base donc sur les déclarations des États.

Fild : Pourquoi dénoncez-vous les politiques de confinement ?

Dominique Delawarde : Tous les pays qui ont confiné sans nuance figurent parmi ceux qui déplorent les taux de mortalité les plus hauts. Et je dis bien « confinement sans nuance », comme en Argentine, au Pérou, en Belgique, en Espagne, en Italie et en France. Le confinement n'a même pas empêché la propagation de la contamination, comme le démontrent les chiffres. On s'aperçoit par exemple que la Suède - qui n'a pas confiné - a un taux de contamination de 4,3 % de sa population alors que 4 % des Français étaient déclarés positifs au Covid-19 après trois mois de confinement !

Fild : Mais comment aurait-on pu éviter le risque d'engorgement hospitalier ?

Dominique Delawarde : Ce risque était réel. Encore fallait-il se poser la question des responsabilités politiques quand 65.000 lits ont été supprimés en quinze ans pour faire des économies. Il y a aussi eu risque d'engorgement hospitalier parce qu'on a interdit aux médecins de ville et aux hôpitaux privés - du moins au début - de s'occuper des personnes atteintes du Covid-19. Toute la charge reposait donc sur l'hôpital public, alors que les Suédois et les Allemands ont impliqué la médecine de ville en amont. Comme on ne traite pas les gens dès le départ, les malades arrivent à l'hôpital dans un état déjà détérioré, ce qui aggrave encore la situation. Cela pose le problème du refus de traitement, comme l'a illustré l'affaire de l'hydroxychloroquine, qui n'est d'ailleurs pas le seul remède efficace.

Fild : Pourquoi parlez-vous à ce propos de « conflit d'intérêts » en France ?

Dominique Delawarde : Le combat entre les partisans de Gilead et ceux du Professeur Didier Raoult était très révélateur. C'était une confrontattion entre l'industrie pharmaceutique et le Remdesivir (2) contre l'hydroxychloroquine. En parlant de conflit d'intérêt, je ne fais d’ailleurs que reprendre les informations publiées par Transparence Santé à propos du Professeur Karine Lacombe, grande avocate de Gilead, dont elle a perçu des indemnisations. Autre exemple : le cas de François Raffi, un médecin qui a aussi profité des subsides du laboratoire pharmaceutique, et qui était allé jusqu'à menacer de mort Didier Raoult. Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg ! Ces conflits d'intérêts sont d'autant plus choquants que l'on s'est ainsi privés de moyens de guérison efficaces et peu coûteux.

Fild : Pourquoi dîtes vous dans votre rapport que l'on a négligé les taux de guérison du Covid-19 ?

Dominique Delawarde : Parce que les personnes atteintes du virus n'ont pas été suivies. Il est donc impossible de déterminer quelle est la part des guérisons. Il y a même des pays qui ne les déclarent pas comme le Royaume-Uni, l'Espagne ou les Pays-Bas. En France et en Belgique, on ne suit pas les gens qui guérissent tout seuls chez eux, sans aide médicale. Il y a donc une opacité qui ne permet que de donner des estimations, mais le taux de guérison au niveau mondial est sans doute bien supérieur à 80%. À comparer avec les chiffres sur la mortalité. Au Royaume-Uni par exemple, plus de 90% des décès concernent des personnes âgées avec des facteurs de comorbidité. La question de fond est de savoir si pour rajouter quelques mois d'espérance de vie à des gens très âgés arrivant au bout du chemin, il fallait arrêter des pays entiers et de condamner un grand nombre d'entreprises à la faillite, voire acculer une partie de la population au suicide, comme on peut le redouter.

Fild : Quel regard portez-vous sur les premières vaccinations et l'évolution de la pandémie actuellement ?

Dominique Delawarde : Il va être intéressant de voir si la pandémie continue avec la même virulence ou si elle ralentit dans les pays les plus vaccinés qui sont pour l'instant l'Angleterre, l’Allemagne, Israël et les États-Unis. Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais dans ces quatre pays, on ne perçoit pas le moindre frémissement de ralentissement de l'épidémie. Je crois qu'il ne faudra pas non plus négliger les effets secondaires liés à la vaccination. Il faut avoir conscience que nous sommes dans une phase d'expérimentation. Même si je suis favorable aux vaccins et si je fais partie des personnes à risque en raison de mon âge, j'attendrai d'en savoir davantage avant de me faire vacciner.

(1) Dominique Delawarde est général de l'armée française. Il a porté l'uniforme de l'Armée de Terre pendant quarante-six ans, dont huit ans hors de l'Hexagone (notamment dans le cadre de missions de l'ONU et de l'OTAN). Cet ancien Saint-Cyrien a également dirigé le bureau « Situation-Renseignement-Guerre électronique » à l'état-major Interarmées de Planification Opérationnelle. Un parcours qui lui a valu les décorations d'Officier de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre National du Mérite, et la Meritorious Service Medal américaine. De ses diverses expériences, il garde le goût pour le renseignement et l'analyse des situations militaires et géopolitiques.

(2) Le laboratoire Gilead est propriétaire des brevets du Remdesivir

12/01/2021 - Toute reproduction interdite


Un technicien scanne des tubes à essai contenant des échantillons vivants au laboratoire de recherche de la maladie à coronavirus (COVID-19) de l'hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois, le 30 avril 2020
Gonzalo Fuentes/Reuters
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