| 9 septembre 2018

Algérie : Rentrée sociale sur Fond de Turbulences

De Bouziane Ahmed Khodja
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L'été a été très chaud politiquement à Alger. Les Algériens ont consommé goulument informations, rumeurs et fake-news à satiété en cette période estivale qui se termine sur un goût amer pour le clan des Bouteflika. L´affaire de la saisie des 701 kgs de cocaïne, dont nous parlions en mai dernier, qui promettait un tsunami politique, s´est reconvertie en un fait divers qui s´est perdu dans les chambres obscures du pouvoir judiciaire. Par Bouziane Ahmed Khodja

Les têtes ne sont pas tombées, mais les règlements de compte politiques ont pris le dessus, ce qui a permis aux militaires algériens, sous la houlette du général de corps d´armée, Ahmed Gaïd Salah, Chef d´État-major des armées et Vice-ministre de la défense, de rééquilibrer le pouvoir politique en reprenant les parcelles du pouvoir cédé au président Bouteflika depuis 2005.

Lors d'une réunion secrète entre les militaires et la présidence à la fin du mois de juillet dernier, le général Gaïd Salah aurait mis le holà la galopade en solitaire de Saïd Bouteflika et imposé une participation effective de l´armée dans toutes les décisions politiques et économiques du pays.

L´armée appuie en contrepartie la candidature de Bouteflika pour un cinquième mandat en avril 2019. La question de la succession sera quant à elle débattue plus tard car l´armée préconise le choix d´un homme politique qui ne soit pas issu du clan des Bouteflika.

Premiers changements, le général Gaïd Salah a réussi à éliminer les soutiens inconditionnels du président Bouteflika au sein de l´armée et des services de sécurité. En commençant par le général-major Hamel Abdelghani, Directeur général de la sûreté nationale que l’on prédisposait à remplacer Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême. S´en suivront plus d´une quinzaine de généraux limogés et remplacés par des proches du Chef d´État-major. Toutes les régions militaires et les postes clés de la défense ont changé de mains.

Si l´Algérie vit au rythme des changements et des guerres de clans en vue des présidentielles de 2019, les crises se multiplient. Le Sud algérien est au bord de l´explosion sociale. Les manifestations des jeunes chômeurs deviennent de plus en plus violentes. Le chômage et le manque de logements sont les revendications populaires les plus réitérées. S´ajoutent à ces maux sociaux les épidémies de rougeole et de Choléra qui ont fait plus de 90 morts...

L´Algérie sombre ainsi de nouveau dans l´incertitude.

Parallèlement la crise économique semble s´ancrer dans le quotidien des Algériens malgré l´amélioration des recettes grâce à la hausse des prix du pétrole depuis plus de trois mois. Les caisses de la sécurité sociale et celle des retraites sont à sec et la mise en marche de la planche à billets depuis octobre 2017 ne semble pas remplir le gouffre des déficits. De janvier à juin 2018, les réserves de change de l'Algérie ont chuté de 7,9 milliards de dollars. « Les réserves atteignaient 90 milliards de dollars à la fin du mois de mai et devraient baisser à 85 milliards de dollars d'ici la fin de 2018 » avait annoncé récemment le Premier ministre Ahmed Ouyahia.

Par-ailleurs, pour compléter le tableau sombre de cette rentrée sociale en Algérie, le climat des affaires ne connaît aucune amélioration. Selon un rapport de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et l'investissement (CNUCED) et confirmé par le Conseil National Économique et Social (CNES) algérien, les investissements directs étrangers (IDE) ont baissé de 26%, en Algérie en 2017 par rapport à 2016, avec un montant global de 1,2 milliard de dollars, et la tendance baissière semble se confirmer pour le 1er trimestre de 2018.

Cependant, l'organisation onusienne, qui précise que les IDE en Algérie dépendent fortement de l'investissement dans le secteur pétro-gazier, estime qu'ils devraient rebondir à la faveur de la prochaine révision de la loi sur les hydrocarbures.

De son côté, L'association patronale dirigée par le magnat Ali Haddad veut attirer les investisseurs étrangers en leur présentant les « success stories » algériennes. Le Forum des chefs d'entreprise (FCE) est en train de déployer des efforts à l'étranger, notamment en France, pour promouvoir la destination Algérie et attirer des investisseurs. En effet, en collaboration avec Les Echos, le FCE organisera le 13 septembre 2018 à Paris une matinée-débat sur « les nouvelles dynamiques entrepreneuriales algériennes ».

10/09/2018 - Toute reproduction interdite


Les gens passent devant la Bourse d'Algérie à Alger 13 mars 2012
De Bouziane Ahmed Khodja

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