International | 14 mai 2018
2018-5-14

Algérie-Maroc : Une nouvelle étape dans la guerre politique

De Bouziane Ahmed Khodja
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Le conflit politique algéro-marocain n´est pas sur la liste des points chauds les plus volatiles du monde. Mais au fil des jours, il devient beaucoup moins prévisible. En effet, une nouvelle période de tension s’est ouverte entre les deux pays… Analyse.

Entre l´Algérie et le Maroc, la frontière de 1559 kilomètres de long fait le bonheur des trafiquants en tout genre. Drogue, armes, carburants, terroristes, bétail et produits alimentaires, tout y passe. Entre Alger et Rabat, les relations n’ont jamais été faciles, mais la conjoncture politique récente les a rendues explosives.

Le Maghreb s’ouvre en fait sur l’un de ses chapitres le plus dangereux depuis des décennies. L’escalade sensible et la violence verbale entre algériens et marocains, par ministres et médias interposés, nuit à la stabilité de l´Afrique du Nord déjà embourbée dans le conflit libyen, le terrorisme et l´instabilité sociale.

En s´agressant verbalement les gouvernements algérien et marocain cherchent-ils à mobiliser leurs populations ? Entendent-ils calmer les contestations populaires dues aux problèmes de chômage, logement, cherté de la vie etc… ? Jouent-ils à étouffer les mouvements indépendantistes berbères ? Veulent-ils éviter le débat économique ?

Pour l´Algérie, l´autodétermination et les revendications territoriales sont un facteur déterminant de sa politique extérieure en général. Et en particulier sur la question du Sahara occidental, en appuyant depuis toujours le Polisario. Cette question empoisonne les relations entre les deux pays depuis des décennies. Et les conflits au Sahel n´ont fait qu´envenimer la situation. La crise au Mali – et la situation au Sahel en général – rendent la mésentente encore plus profonde.

Le ministre des affaires étrangères marocain a récemment ulcéré l’Algérie en accusant cette dernière d’être responsable de la crise avec l´Iran, en l´accusant d´organiser des rencontres secrètes entre le Polisario et le Hezbollah libanais dans un appartement à Alger-centre ...

Mais aussi de permettre au mouvement islamiste libanais de fournir armes et équipements militaires au Polisario à travers l´ambassade d´Iran à Alger.

Si Alger paraît sereine quant à son département des affaires étrangères, Rabat entend limoger son ministre, Nasser Bourita, selon des rumeurs persistantes au sein du Makhzen marocain. Le Directeur du Renseignement extérieur, Yassine Mansouri, après treize années à la tête des services de renseignements extérieurs du Maroc, quittait son poste à la tête la DGED, il y a quelques jours, et se préparerait à occuper le poste. Cette décision intervient après les multiples déconvenues essuyées par la diplomatie marocaine sous la houlette d’un Nasser Bourita.

15/05/2018 - Toute reproduction interdite.


Des soldats du Front Polisario se tiennent à l'entrée de la base du cinquième secteur à Bir Lahlou, Sahara occidental, le 9 septembre 2016.
De Bouziane Ahmed Khodja