Moins de 200 jours nous séparent du premier tour de la présidentielle et une question se pose irrémédiablement : Le PS et LR, les deux grands partis qui ont marqué sous différents noms l’histoire de la Vème République, vont-ils disparaître en cas de seconde absence consécutive du second tour de la présidentielle ?

La chronique politique de Philippe David

La question mérite d’être posée tant ces deux partis, malgré leurs succès aux régionales, sont sur une pente particulièrement glissante, mais pour des raisons différentes.

Commençons par le Parti Socialiste. Une fois la candidature d’Anne Hidalgo déclarée, c’était il y a deux semaines à Rouen, le score de la Maire de Paris a été divisé par deux dans les sondages, passant de 8% à 4%. Un score plus faible que celui réalisé par Benoit Hamon en 2017. Un score qui ne permettrait pas d’atteindre le fameux « seuil du chèque », 5% des suffrages, qui permet d’être remboursé des frais de campagne. Le score cataclysmique de Benoit Hamon avait poussé le PS à quitter le VIIème arrondissement de Paris pour Ivry sur Seine il y a cinq ans. Un second échec (qui serait inéluctablement doublé d’un mauvais résultat aux législatives, calendrier électoral oblige), pourrait signer la fin du parti créé il y a 50 ans par François Mitterrand. Un parti qui ne s’est toujours pas remis du quinquennat de François Hollande et qui ne sait plus parler aux classes populaires qu’il a abandonnées et à qui les bobos des centres des métropoles préfèrent EELV. Bref, difficile de faire des voix quand on n’a plus de socle électoral. Et un parti sans voix, c’est comme une entreprise sans clients : condamné à mettre la clef sous la porte.

Pour LR, la question se pose également. Contrairement au PS, LR n’a pas de candidat ou plutôt une pléthore de candidats potentiels. Bertrand, Pécresse, Barnier, Ciotti, Juvin, on ne devrait savoir que début décembre qui représentera LR à la prochaine présidentielle puisque les militants du parti ont voté le weekend dernier contre la primaire et pour un congrès réservé aux adhérents. Un congrès qui intronisera peut-être un candidat ou une candidate qui aura claqué la porte du mouvement à l’époque où Laurent Wauquiez le dirigeait, pour cause de discours trop à droite.

Une nomination qui aurait pour probable conséquence de porter les électeurs les plus conservateurs de LR vers Éric Zemmour, si celui-ci était candidat, ou d’aller à la pêche... On imagine d’ailleurs par avance l’ambiance qui règnera lors du congrès de LR si, par hasard, Éric Zemmour dépasse dans les sondages de fin novembre le candidat LR voir Marine Le Pen. Avec un nouveau parti créé début octobre par Édouard Philippe pour siphonner les centristes qui n’ont pas encore pris leurs valises pour LREM, il y a fort à parier que LR ressemblera alors à une coquille vide et qu’on ne se battra peut-être pas tant que ça pour être candidat à une déroute annoncée le 10 avril prochain.

L’élection présidentielle à venir va nous réserver encore d’énormes surprises et il y a fort à parier que le paysage politique français ne ressemblera plus au printemps prochain à ce qu’il est cet automne.

Les mois qui viennent vont être passionnants.

27/09/2021 - Toute reproduction interdite


Xavier Bertrand, quitte les lieux après s'être exprimé sur les résultats du second tour des élections régionales et départementales françaises, à Saint-Quentin le 27 juin 2021
© Pascal Rossignol/Reuters
De Philippe David